La sexualité est un sujet parfois difficile à aborder chez les jeunes parents, parce qu'il faut bien l'avouer nos chères têtes blondes (brunes ou rousses) sont souvent les meilleurs ennemis de la libido du couple. Manque de sommeil et poids des responsabilités familiales sont autant de freins aux galipettes, sans compter les pleurs et les cris. Pourtant il existe des solutions.

La psychologue américaine Esther Perel affirme dans "L'intelligence érotique" paru aux Editions Robert Lafont, il arrive souvent qu'un couple date le début de la fin de sa vie sexuelle de la naissance d'un enfant et des années qui suivent, car le bouleversement est de taille, qu'il s'agisse d'organisation quotidienne, de concilier travail et vie familiale, d'absorber le choc de sa nouvelle identité (on est parent!) et de ses responsabilité, des modifications du corps (pour les mamans), de trouver du temps pour soi et son (ou sa) partenaire.

On le sait, l'un des plus grands obstacles à la sexualité du couple est la fatigue. Que l'on ait un enfant ou pas d'ailleurs. Comment faire alors pour conserver une sexualité digne de se nom malgré la présence de bambins dans le foyer ?
Premier conseil: savoir se reposer… Un parent a parfaitement le droit d'être trop fatigué pour se lancer dans des ébats amoureux, mais il est aussi possible de choisir des moments où l'on a tout de même un peu plus d'énergie au lieu de reléguer la vie sexuelle à la fin d'une longue liste de priorités quotidiennes et d'une longue journée. De l'oxygène! Les parents doivent savoir se retrouver, sans avoir leur casquette de parent. Une baby-sitter, des grands-parents conciliants ou une autre personne de confiance qui peut garder les enfants permettent de se retrouver en amoureux.

Comme le souligne Esther Perel, il semble y avoir moins pour le couple: «moins de temps, moins de communication, moins de sommeil, moins d'argent, moins de liberté, moins de contacts, moins d'intimité». Mais la sexualité du couple est comme un jardin: son état dépend des soins qu'on lui accorde. Faire l'amour avec son ou sa partenaire est parfois plus important que d'avoir bien rangé la cuisine en prévision du lendemain.

Il faut être bien conscient que le couple est à la fois une entité parentale ET une entité sexuelle. La préservation de l'une ne découle pas automatiquement des soins accordés à l'autre. Il faut donc accepter de consacrer du temps, des efforts, de l'attention à sa sexualité de couple dans un agenda qui est soudain «ingérable». Il n'y a rien de choquant à se programmer un rendez-vous intime avec son partenaire. Que faisiez-vous au début de votre rencontre?

Il faut aussi être honnête avec soi en repérant les éventuels conflits inconscients que fait resurgir le changement de statut des deux partenaires. La maternité ou la paternité peuvent entrer en conflit dans l'inconscient avec l'image de la sexualité. Ne pas hésiter à consulter un thérapeute si l'on se sent mal à l'aise dans sa «nouvelle» sexualité de couple. Certains ont du mal à réinvestir vers eux ou dans leur partenaire une énergie largement redirigée vers l'enfant.
Gérer la proximité de l'enfant

Cela peut sembler trivial, mais concilier sexe et proximité d'un enfant n'est pas toujours aussi aisé qu'il y paraît. Tout dépend de l'âge de l'enfant, bien sûr: un nourrisson ne sera pas gêné par l'éventuelle activité sexuelle des parents alors qu'un enfant plus grand pourrait l'être (bruits difficiles à interpréter et assimilation à des gémissements de douleur). D'autre part, certains parents peuvent être eux-mêmes perturbés par la présence du bébé dans la chambre, ou d'un enfant à proximité au moment de faire des galipettes. Il n'est pas forcément facile de réactiver l'image du partenaire-amant quand vient s'intercaler l'image du partenaire-parent. Dernière précaution, il faut se préparer psychologiquement au fait qu'un rapport puisse être interrompu par les pleurs d'un enfant. Pas la peine de hâter les opérations en cours ou pire de se déconcentrer. Il est préférable alors de s'accorder un «break» pour reprendre lorsque l'un des parents sera allé calmer l'enfant.

Si votre enfant vous surprend en plein ébat - autant vous y préparer à froid! - c'est d'abord parce que vous n'aurez pas pris toutes les précautions pour éviter que cela ne se produise! Quoi qu'il en soit, ce n'est pas un drame. La maman doit raccompagner l'enfant (le papa n'est généralement pas «en état») dans sa chambre tout en lui disant que papa et maman faisaient un câlin ensemble, et ajouter que ce sont des choses très agréables que les grands le font quand ils s'aiment. Il est possible que l'enfant ait eu une impression de violence (cris, gestes, mouvements…) aussi est-il important de lui dire que papa et maman aiment beaucoup ça mais qu'à l'avenir il doit frapper avant d'entrer dans votre chambre.

Plutôt que de risquer de vivre ce moment perturbant, il est aussi simple d'investir quelques euros…dans un verrou. Cela vous permettra d'être plus détendus lors d'un rapport sexuel mais aussi de n'être pas contraint de vous limiter aux pratiques ou configurations qu'autorise le risque d'un petit visiteur surprise. La sensualité, la séduction, l'imprévu, l'inventivité, le jeu et l'érotisme sont conciliables avec la vie de parent, à la condition préalable d'en admettre l'importance.

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