La logique de la culpabilisation est une chose tout à fait individuelle et particulièrement libre d’interprétation. Sur ce sujet, mes enfants font preuve d’une créativité débordante. Le seul fait que je partage le même foyer que le cahier d’école disparu fait de moi une coupable potentielle.

 

 

 

Ainsi, même si nous ne faisons rien, nous les mères sommes capables de mal faire beaucoup de choses. Bien qu’ayant réussi à me défaire de cette culpabilisation, je ne devrais pas me réjouir trop tôt. En effet, aux yeux de mes enfants, mon devoir de mère est au moins de retrouver les objets perdus. Et vite en plus!

 

Faites bien attention lorsque vous devez annoncer de mauvaises nouvelles. Car les enfants pensent que la personne qui annonce la nouvelle en est responsable!

Récemment, Béatrice, l’amie de ma fille, a téléphoné. Elle devait malheureusement annuler la nuit que toutes deux devaient passer ensemble chez elle. Bien sûr, l’amie de ma fille avait de bonnes raisons de devoir annuler: une visite impromptue s’était annoncée pour cette date. J’avais pensé: pas de problème, ce sera pour une prochaine fois.

L’annonce de cette nouvelle à ma fille a été bien plus dramatique. Elle a commencé par me faire répéter mot pour mot la conversation téléphonique que je venais d’avoir. Sa déception était grande, ce que je comprends. La déception a ensuite fait place à la frustration. Et la frustration est devenue colère. Après la colère, ma fille a commencé à rechercher le ou la responsable de cette catastrophe. Et comme je me trouvais par hasard dans les parages…

La logique de ma culpabilité dans cette affaire tenait a) au fait que c’est moi qui avais pris l’appel, et b) que c’est moi qui avais annoncé la nouvelle. Pour couronner le tout, le repas du jour était vraiment «dégoûtant» et, de toute façon, je n’en avais rien à faire que Béatrice passe pour une fois un chouette week-end. Je lui ai répondu qu’il était évident que je préférais me faire enguirlander par ma fille plutôt que de la savoir heureuse chez sa copine. Vexée, elle a fait comme si elle n’avait pas entendu ma réponse sarcastique. Une fois de plus, j’étais démasquée: j’étais une mère méchante dont le seul but était de gâcher la vie de ses enfants.

Afin de ne pas ruiner complètement la vie de ma fille, je reste forte. J’écoute et tente de comprendre mais je refuse d’encaisser chaque reproche infondé que l’on m’attribue dès le premier soupçon. Je sais en effet que seule une mère forte peut conduire sa fille sur le chemin qui la mènera à devenir une femme accomplie.

En définitive, je suis et reste une optimiste. J’ai vraiment de la chance de vivre ici et maintenant. Autrefois, les porteurs de mauvaises nouvelles étaient décapités sans autre forme de procès.

source : coop.ch / © Stella van Bergen

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